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mercredi, 11 avril 2018

Salamis de Milan, bégonias de Nasbinals, solderies bourbonnaises

Le regretté Pierre Autin-Grenier, lorsqu'il "s'interrogeait trop fort sur le sens de l’existence" et "n'avait nul salami de Milan à se mettre sous la dent", sautait dans son automobile et "fonçait comme un fou vers Nasbinals", où la vue des bégonias de madame Souchon lui redonnait le goût de vivre.
Pour ce qui me concerne, je ne trouve rien de particulièrement rassérénant à trancher du salami en "minuscules rondelles" tout un après-midi ; Nasbinals est au bout du monde — plus loin encore que Taphaleschas —, les bégonias ne sont pas encore en fleurs et madame Souchon, la charcutière, est morte, probablement, comme le pauvre Autin-Grenier.
Alors, lorsque le temps est maussade, cafardeux, mon remède à la mélancolie, c'est la visite des solderies, ces hangars bordéleux où l'on trouve mille objets de première inutilité, genre vistemboirs ou brimborions, pacotille, "articles de décoration" d'une hideur compliquée, produits d'hygiène, denrées alimentaires plus ou moins exotiques, vêtements pour nains ou géants — mais aussi, au hasard des arrivages, livres ou disques à prix dérisoires, bières ou vins méconnus qui réservent souvent d'agréables surprises.
Je reviens aujourd'hui avec un bel ouvrage consacré à Vallotton, un CD de Didier Squiban et quelques bouteilles de bières scandinaves — porter ("le porter, cette bière noire qui sent le jus de réglisse dépouillé de sucre") et pale-ale — tout à fait remarquables.
Arrivé à la maison, il se confirme que, comme je le pressentais, j'avais déjà le Vallotton...

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