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samedi, 13 décembre 2014

Magie de Noël

Les hygiénistes, les abstèmes et agélastes de tout poil me sont odieux. Ils me donnent l'envie de fumer de nouveau mes cigares italiens nauséabonds — de préférence dans les lieux publics — et de boire davantage.
Quant aux sectateurs du père Noël (Silène Coca-(saint Ni)cola(s)), je leur devrai peut-être le salut de mon âme pécheresse. Tout ce cirque tapageur et vulgaire, ces machins qui clignotent me conduiront un jour à m'aller agenouiller dans une église de campagne froide et humide pour y entendre la messe de minuit, y retrouver un peu de la joie nue de l'enfance, de la naïveté à jamais perdue.
Avec le temps, nous dit le dictionnaire de Trévoux, le mot magie "devint odieux". La dérive sémantique se confirme aujourd'hui avec cette "magie de Noël" dont on nous rebat les oreilles, ce déferlement de vulgarité imbécile.
Dans le Journal de Saône-et-Loire, un lecteur s'indigne — dans un "commentaire" — qu'à Bourbon-Lancy la confrérie des "Beurdins" — simples d'esprit, dans le parler local — participe, en costume de bouffons, aux animations de Noël. C'est dit-il, en substance, un scandale : ces clowns n'ont aucun respect pour la "féerie", pour le père Noël, pour les "lutins"... Je n'invente rien. Noël, aujourd'hui, ce sont les Bisounours et les Schtroumpfs. Le bœuf et l'âne fraternisent avec les dinosaures et réchauffent de leur haleine un petit bonhomme bleu.
On a viré le ravi de la crèche.