jeudi, 25 avril 2013
Tout vient à point qui peut attendre
M'arrivent cette semaine :
— le cadeau "de Noël" de mon plus jeune fils (un bel ouvrage consacré à la peinture d'Otto Dix) ;
— les vœux "de nouvel an" d'un vieil ami ;
— le dernier volume des Carnets de Calaferte (XVI, Le Jardin fermé - 1994), commandé début février au libraire local — on veut bien favoriser le "commerce de proximité", mais c'est tout de même un peu long, on en conviendra.
Ces ultimes notes, rédigées par Calaferte au cours des quatre derniers mois de sa vie, sont particulièrement poignantes. La souffrance, les affres de la maladie sont présentes à chaque page, mais aussi, toujours, la lucidité, les dégoûts ("l'imbécillité chez les grands hommes", "l'écœurante bêtise catholique"), les petits bonheurs ("l'enchantement d'une toile de Maurice Denis", un vol d'oiseaux, le regard d'un chien), la conscience aiguë du privilège et de la difficulté d'être...
"Mon esprit est si peu dans le réel que jamais je n'ai bien su ce que j'étais en train de vivre. Aussi, quelles que fussent les circonstances, je n'en profitai guère — et tout de ce passé m'apparaît aujourd'hui comme une inconsistance rêvée. — Nous sommes des fantômes."
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mardi, 23 avril 2013
Visites aux paysans du Centre 2
Grosse ferme isolée des Combrailles, où nous venons prendre livraison de deux chevrettes. Vaste cour, cernée d'austères bâtiments de pierre. Trois colleys, à notre arrivée, donnent de la voix, interminablement. La fermière, opulente et affable, n'est pas pressée : nous allons bien "boire le café" ? Conversation à bâtons rompus, autour de la table recouverte de la traditionnelle toile cirée à motifs de fruits ou de fleurs. Un chat roux circule dans la cuisine. Le téléphone sonne : ce n'est rien — "ils rappelleront !" Le temps s'écoule doucement...
S'interrogeant sur la correction d'un mot qu'elle vient d'employer — toujours cette crainte paysanne "d'écorcher le français" —, notre hôtesse se souvient que sa fille, naguère, avait écrit dans une rédaction que son chien, s'en prenant à un autre animal, l'avait "attrapé par la courniole". Le maître en avait fait — c'est le cas de le dire — des gorges chaudes ! Sans doute ledit maître ignorait-il que le mot corniole se trouve dans le dictionnaire de La Curne de Sainte-Palaye, qui le glose d'après Oudin : la corniole, c'est le gavion.
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