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dimanche, 06 février 2011

Dimanche à la campagne 2

Panneaux.jpgPetites routes du Bourbonnais par un beau dimanche froid. Poésie des toponymes. Hyds, dont l'S finale est comme l'appendice frétillant du monstre écaudé. Louroux-de-Beaune, où la signalétique routière bégaie curieusement. Saint-Bonnet-de-Four, avec son clocher vrillé dont la flèche tirebouchonne au-dessus des tombes...
Après la diplopie, la métamorphopsie. Le réel dépasse l'hallucination. Les bourgs sont déserts et silencieux, la campagne paisible. On voit dans les prés "vaches et veaulx petitz, en leurs parcz clos serrez".

samedi, 05 février 2011

Visites aux paysans du Centre

Lorsque nous pénétrons dans la cour, nous sommes accueillis par un concert de jappements hystériques,  le clabaudage dément d'un houraillis en transes. Toute une chiennaille bondit au bout de chaînes, grouille dans des cages de fer, des niches, des enclos grillagés, montre sa tête aux carreaux de la cuisine... Indifférente au pandémonium que notre arrivée a déclenché, la maîtresse des lieux surgit de derrière la grange, gnomide rabougrie, l'œil glacial dans une face terreuse. Elle parle peu, en phrases sèches, du mauvais temps, des mauvaises gens, qui se plaignent des aboiements de sa meute et lui vendent, pour ses chèvres, du foin pourri. Elle va déménager, repartir vers le sud — vers quels mirages ? Elle a l'air d'une très vieille petite fille, amère et bancroche...
On lui demande combien elle a de chiens.
— Dix-neuf, dit-elle.
On aurait juré, au bruit, qu'il y en avait cinq ou dix fois plus.

mardi, 01 février 2011

Des camionnettes, des livres et des chiens

Comme, jadis, la camionnette jaune de l'épicier, je guette à présent la fourgonnette de la poste, qui me livre à domicile mes commandes de lecture pour la quinzaine ou le mois.
Cette semaine : le volumineux Chaminadour de Jouhandeau dans la collection "Quarto", Haute solitude, de Léon-Paul Fargue, Le Chemin de Sion — premier volume des carnets de Calaferte — et un polar d'un auteur inconnu, dans le goût d'Harrison ou Crumley. Je lirai donc tout cela, parallèlement, à la billebaude parfois, parfois à sauts et à gambades.
À la première page des "papiers journaux" de Calaferte, cette citation de Léautaud, parlant des chiens : "Ils ont le genre de médiocrité voulue pour ramasser un succès en littérature [...] La médiocrité en littérature est toujours récompensée."
Comme aussi, presque toujours, dans beaucoup d'autres domaines...

"Savourez du moka l'aromatique essence"

Dans un magazine, publicité pour une "convention obsèques" qui propose, entre autres commodités, "une carte personnelle grâce à laquelle vos proches sauront rapidement à qui s'adresser, où trouver tel papier important et, surtout, comment obtenir le capital assuré". En dépit du cynisme de ce surtout, on se laisserait volontiers tenter. Pour les "deux magnifiques tasses à café" offertes "en cadeau" aux souscripteurs.