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dimanche, 13 septembre 2009

Hagioscopes et système D

Dans certaines églises, celle de Chaource par exemple, des hagioscopes — ouvertures comparables à des meurtrières — permettent aux fidèles placés derrière un pilier ou un contrefort de suivre la célébration de la messe. À Ambierle, afin que le préposé à l'harmonium — qui tourne le dos à l'autel — n'en perde pas une miette, on a fixé aux tuyaux du buffet factice un rétroviseur d'automobile.

lundi, 07 septembre 2009

"Vous n'aimez rien tant que les pompes de l'Église"

Avant de quitter mon pays de vache pour aller découvrir les joies de l'internat — dans le lycée même qui avait accueilli quelques décennies plus tôt Charles-Louis Philippe et Valery Larbaud —, je fus deux ou trois ans enfant de chœur. L'église, c'étaient d'abord des odeurs : celles, mêlées, de l'encens, de la cire et de l'encaustique, le parfum entêtant des fleurs marcescentes dont les pétales jonchaient la nappe d'autel, le bouquet subtil et fruité du pouilly-fuissey, que notre curé avait choisi pour vin de messe. Ledit curé n'avait d'ailleurs, pour autant qu'on pût en juger, rien d'un jouisseur ni d'un gourmet : souffreteux et maussade, fragile de la gorge, il suçait des pastilles "Euphon" — je me rappelle la boîte rouge sombre, dont le couvercle, festonné d'une grecque, montrait un masque grimaçant de comédie antique. Je me souviens également d'une phrase, prononcée au cours d'une de ses homélies, qui m'avait profondément troublé — et avait dû, j'imagine, plonger nombre de ses ouailles dans des abîmes de perplexité : "Le ciel n'est pas un lieu, c'est un état." Propos rien moins qu'hétérodoxe, comme j'ai pu m'en assurer beaucoup plus tard en consultant le dictionnaire de théologie de l'abbé Bergier : "Il paroît donc que le paradis est moins un lieu particulier qu'un changement d'état, et qu'il ne faut point s'arrêter aux illusions de l'imagination qui se figure le séjour des esprits bienheureux comme un lieu habité par les corps."