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samedi, 14 novembre 2009

Petite anthologie portative 56

OISEAUX

l'exil s'en va ainsi dans la mangeoire des astres

portant de malhabiles grains aux oiseaux nés du temps

qui jamais ne s'endorment jamais

aux espaces fertiles des enfances remuées

(Aimé Césaire, "Ferrements", in La Poésie, Seuil, 2006)

Cum commento

Je retrouve, sous l'une des piles de livres qui encombrent ma table de travail (il faudrait peut-être ici des guillemets ou un point d'ironie), l'anthologie de textes de René Char, Poèmes en archipel — publiée il y a un an ou deux en "Folio". Il est assez rare qu'on puisse dire d'un livre de poche qu'il est beau et, en ce sens, ce volume constitue une remarquable exception : papier de qualité, typographie aérée, illustrations nombreuses et bien choisies... Mais était-il nécessaire — même s'il s'agit là d'une édition destinée, comme le laisse entendre la préface, à des lycéens — de nous infliger des gloses superfétatoires, balourdes, d'un prosaïsme aussi scolaire ? Un seul exemple, pris au hasard. "Je cours au terme de mon cintre, colisée fossoyé" appelle la note suivante : "Le monumental amphitéâtre de l'antique Rome, terrain d'exploits des gladiateurs, est ici ceint d'un fossé." Voilà qui est éclairant et utile. On pense à Rabelais, à propos des Pandectes commentées par Accurse : "Une belle robbe d'or triomphante et précieuse à merveilles, qui fust brodée de merde."

Devoir de réserve

Monsieur Raoult doit confondre Marie N'Diaye et Marie Crow Dog.