jeudi, 22 novembre 2007
Le sexe des mots
22:21 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)
Sus immundus
De même qu’au nom de la démocratie, de la tolérance on tolère l’intolérable, parce qu’on se veut poli et qu’on se croit hors d’atteinte de la bêtise crapuleuse — alors qu’on est tout simplement lâche —, on supporte la muflerie la plus abjecte. Un hasard malheureux m’a valu, l’autre jour, d’être placé à table non loin d’un porc tonitruant, qui s’est, durant tout le dîner, vanté de ses prétendues bonnes fortunes, se flattant d’avoir b… toutes les femmes de son voisinage. La philosophie du personnage se résumait à peu près à ceci : en dehors de quelques habiles — au nombre desquels, bien sûr, il se comptait —, la société se composait majoritairement de salopes et d’imbéciles, cocus de surcroît. Le cynisme de panurge peut faire rire ; la butorderie de tels verrats justifie tous les anathèmes féministes et donne simplement envie de dégueuler.
11:23 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (3)
mercredi, 21 novembre 2007
Le sens de la formule 4
En mangeant du lapin en gibelotte ou du civet de lièvre, il arrive que vous tombiez sur un plomb qui résiste mollement sous la dent ; vous l’exhibez entre deux doigts, vaguement amusé, avant de le déposer sur le bord de l’assiette barbouillée de sauce. De même, en lisant quelque aimable prose, vous butez sur une formule faussement aphoristique, une pensée d’ana, désinvolte ou paradoxale, qui paraît ne se trouver là que pour être recopiée dans un carnet de citations et vite oubliée — comme le grain de cendrée qui a distrait un instant votre attention gourmande :
"Il pensait à l’avenir, c’est-à-dire à rien." "Qu’est-ce qu’un homme sentimental ? Quelqu’un qui adore ne pas manger seul."
Grains d’ironie, qui attestent la qualité de l’écriture, comme le plomb l’authenticité du gibier.
21:58 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)

