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dimanche, 07 octobre 2007

Livres qu’on lit d’un œil

Le stéréoscope des solitaires, de J. Rodolfo Wilcock (Gallimard, "L’Imaginaire", 2007). On a l’impression d’avoir lu ce genre de choses il y a longtemps. Exercices de style pas toujours très convaincants, qui font penser à trop d’autres auteurs : Buzzati, Cortázar, Michaux… On retiendra surtout, de ce recueil de textes très brefs, "Les Poupées", jolie métaphore ironique de l’activité littéraire : "... comme on n’ouvre jamais l’armoire et que les rayons ne permettent pas d’autre communication que celle qui est en usage chez les prisonniers, au moyen de petits coups frappés selon un système conventionnel donné, peu à peu, presque toutes les poupées se sont adonnées à la littérature ; c’est ainsi qu’elles sont devenues romanciers, poètes, critiques littéraires, critiques dramatiques, conseillers de maisons d’édition. Là-dedans, c’est un tapotement continuel : chacun veut faire entendre aux autres ses propres ouvrages. Mais ce sont là, inutile de le dire, ouvrages de poupées."

De Wilcock, on peut préférer, en dépit d'un lyrisme parfois un peu mièvre, certains poèmes mélancoliques des Jours heureux, comme "El viento" ou "La lluvia" :

        Ce crépuscule est comme une ville lointaine
        où tu aurais un jour dit mon nom ;
        ici, dans la galerie, j’écouterai les ailes
        sereines de la pluie qui passe entre les arbres.

samedi, 06 octobre 2007

E mi sovvien l’eterno

Hier, retour de Lille sous un ciel bas et gris. Austère monotonie des vastes emblavures de l’Yonne, pâtures d’un vert cru de légumes anglais où paissent des charolais placides, villages déserts. À Villemer, un petit siamois café-au-lait traverse la grand-rue en toute hâte devant nos roues. Cris d’enfants : c’est l’heure de la sortie de l’école. Entre Aillant-sur-Tholon et Saint-Aubin-Château-Neuf, la route est bordée de noyers où se rassemblent freux et corneilles : ce sont les noyers grolliers dont parle Rabelais. La nuit tombe lorsque nous arrivons en Bourbonnais. Un reste de lumière s’exténue, vers l’arrière-pays, dans des lividités orange. Je pense aux crépuscules mélancoliques et froids de l’enfance, aux vers de Leopardi… Il est trop tard pour s’arrêter chez le vigneron. Nous achèterons une autre fois quelques bouteilles de vin ginguet à Besson ou Châtel-de-Neuvre.

lundi, 01 octobre 2007

Tuer tout le monde et s’en aller

Dans les journaux, aujourd’hui : "Jack Lang prêt à rendre service au président Sarkozy." "Royal dénonce les bourdes diplomatiques de Sarkozy." "Sting, Stewart Copeland et Andy Summers, les trois membres du groupe Police, ont été faits chevaliers de l'Ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture Christine Albanel."
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Flaubert, il y a un siècle et demi : "De quelque côté qu'on pose les pieds on marche sur la merde."