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dimanche, 19 août 2007

Grande paresse

Il fait un temps à ne rien faire. Il m’a suffi d’écouter la radio quelques minutes ce matin pour être d’une humeur de chien : pas une phrase d’interview, pas un truisme, pas une pauvreté qui ne soit ponctuée d’un "donc… euh" (peut-être faudrait il remettre en usage l’ancienne graphie donques) ou d’un "c’est vrai que..." Il en faut peu, je l'admets, pour m'irriter. Cet après-midi, je termine, pour rester dans la maussaderie, la lecture du Journal atrabilaire de Jean Clair (Gallimard, "L’un et l’autre", 2006). Effet homéopathique, sans doute, j’en sors réconforté de voir qu’il y a encore, comme le chantait Brassens, "du monde, et du beau monde, sur terre". J’aimerais pouvoir reprendre à mon compte la dernière note, figurant également en épigraphe sur le rabat de la première de couverture : "Justification, peut-être, de ce journal, cette réflexion de Julien Green : Le secret, c’est d’écrire n’importe quoi, parce que lorsqu’on écrit n’importe quoi, on commence à dire les choses les plus importantes."
Nul doute que les récriminations et les dégoûts de Jean Clair — mais aussi ses rares attendrissements — ne touchent à l’essentiel "en ce temps de grande paresse" — citation d’un autre chanteur bien oublié.

vendredi, 17 août 2007

" À la honte aguerris, ces forbans littéraires..."

L’estivation — "sorte d’engourdissement qui s’empare de certains animaux pendant un certain nombre de jours de la saison la plus chaude" — "s’observe, nous dit Littré, chez certains serpents, chez des crocodiles et chez des poissons qui s’enfoncent dans la vase". Sans doute les postiers ne s’enfoncent-ils pas dans la vase, mais leur activité, au mois d’août, se ralentit considérablement. Peu de courrier dans ma boîte aux lettres, donc. En revanche beaucoup de publicités, et plus spécialement pour les fournitures de rentrée des classes : il n’est jamais trop tôt pour songer à l’achat du taille-crayon, de la gomme ou des indispensables "feutres fluo". Dans les magazines aussi, on prépare la rentrée : la rentrée littéraire, par exemple, dans le Nouvel Observateur de cette semaine. Et là, ça sent davantage encore l’arnaque que dans les grandes surfaces. Tous les imposteurs sont déjà au rendez-vous, auteurs et critiques, prêts à fourguer leur camelote ; prêts, ceux-ci, à vanter les mérites de leurs chouchous, ceux-là à exécuter leur petit numéro de clowns musicaux. Plus de sept cents romans annoncés. Qu’en restera-t-il dans un an, dans dix ans… ? La liste des auteurs, où ne manque aucun des pitres à la mode, constitue en elle-même — et c'est son seul intérêt — une réponse assez explicite à la question-titre de Calvino : Pourquoi lire les classiques ?

mercredi, 15 août 2007

Théologie et aérostatique

"Après avoir adressé, le 1er mai 1946, à tous les évêques du monde une lettre officielle demandant si l’assomption corporelle de Marie dans le ciel pouvait être définie comme dogme et s’ils désiraient cette définition avec leur clergé et leur peuple, devant la réponse affirmative de presque tous les évêques, le pape Pie XII proclama le 1er novembre 1950, par la constitution apostolique Munificentissimus Deus, comme dogme révélé par Dieu, que l’Immaculée Mère de Dieu a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste." (Louis Ott, Précis de théologie dogmatique, Mulhouse, Salvator, 1955, p. 298)
Avant cette mise au point, les théologiens faisaient preuve de la plus grande circonspection : "L’assomption corporelle de la Vierge, lit-on dans le dictionnaire de théologie de l’abbé Bergier, n’est point un article de foi, puisque l’Église ne l’a pas décidé, et que plusieurs anciens et modernes en ont douté." (Édition de 1852, Paris, Louis Vivès, p. 160)

On trouve, dans le dictionnaire critique de l’abbé Féraud, cette intéressante précision : "On dit l’Ascension de Notre Seigneur parce qu’il monta et s’éleva lui-même, et l’Assomption de la sainte Vierge parce qu’elle fut enlevée dans le Ciel."

lundi, 13 août 2007

Franska

Les pattes ! Qu'a-t-on fait des pattes ?