Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 31 juillet 2019

Capri, petite île

Je n'ai pas lu Capri, petite île, le roman de Félicien Marceau — et ne le lirai probablement jamais, pas plus qu'aucun autre du même auteur, oubliable "immortel". Néanmoins, j'aime ce titre pour son laconisme technique — j'oserais presque dire : son exotisme grammatical. Je ne puis le rencontrer sans songer aux subtiles — et vaguement chipoteuses — normes grammaticales régissant l'usage des termes géographiques ; en l'occurrence, des "nésonymes". Grevisse — comme souvent — se révèle à ce propos d'une grande utilité :
"Devant les noms féminins de grandes îles proches ou lointaines, pour indiquer le lieu (situation ou direction), on emploie en : EN Sardaigne, EN Islande, EN Nouvelle-Guinée. — Toutefois on dit : À Terre-Neuve. Devant les noms féminins de petites îles lointaines, on emploie à la : À la Réunion, À la Martinique. — Devant les noms de petites îles d'Europe  et devant les noms masculins de grandes îles lointaines, on emploie à : À Malte, À Chypre, À Cuba, À Madagascar." (Le Bon Usage, III, 2.2, "L'article défini", § 318, 2° — Remarques, p. 218, 8e éd., 1964)
"Ah! que cela est beau !" — aurait dit monsieur Jourdain. Hélas ! on ne se soucie plus guère, aujourd'hui, de telles subtilités : le "bon usage", comme Capri, c'est fini.

Écrire un commentaire