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vendredi, 02 septembre 2016

"Je m'en suis venu visiter mon païs de vache et sçavoir si en vie estoyt parent mien aulcun..."

000000000000a.jpgLes fantômes de ceux qui les ont habitées finissent par quitter, un jour, les maisons vides, livrées à l'oubli et aux patients saccages du temps. Les maisons meurent aussi, se délabrent lentement, les ronces et les orties envahissent les jardins, les fruits, que personne ne cueille plus, pourrissent dans l'herbe.
Retrouver la maison d'enfance, désormais sans âme, est un crève-cœur. Le ciel est impitoyablement bleu, le soleil brûlant, le silence de la campagne fige toutes choses dans une éphémère éternité...
Nous désherbons, débroussaillons, fauchons les herbes folles. À midi, nous déjeunons frugalement à l'ombre du grand laurier. Bientôt, il faudra reprendre la route, revenir à la morosité du "bel aujourd'hui".
Nous rentrerons par ces petites routes du Bourbonnais qui nous sont chères, musardant du côté de Tronçais, saluant au passage d'autres fantômes — ceux de Charles-Louis Philippe et de Giraudoux... Les panneaux indicateurs évoquent les amours romanesques du Grand Meaulne ; les tours ruinées d'Hérisson nous parlent, comme les romans baroques, d'épopées guerrières cruelles et de tribulations sentimentales. On croit entendre le cliquetis des armes et des armures...
Ce n’est que le bruit des massettes et des burins des bénévoles qui s'activent parmi les décombres. Comme si l'on pouvait ressusciter le passé.

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