mercredi, 07 décembre 2011
Tant crie l'on Noel... 6
Dans les premiers siècles de l’Église, l’Avent commençait à la Saint-Martin — d’où l’expression "carême de la Saint-Martin", pour désigner cette période de rigoureuse préparation à la fête de Noël, ramenée bientôt à quatre semaines. Selon les anciens traités de théologie, les prédicateurs se servaient de l’Avent, "temps de désir, de pénitence et d’espoir", pour "inculquer fortement dans l’esprit des fidèles les vérités redoutables et consolantes de l’Évangile".
Pour une bonne partie du public, le terme d’Avent n’évoque plus guère aujourd’hui que ces calendriers fantaisie, proposant, pour chaque jour du mois précédant Noël, friandises ou figurines dont le rapport avec l’avénement mystique du Christ est pour le moins problématique. On a un peu de mal à saisir ce que viennent faire ici dinosaures, pirates ou "Zhu Zhu Pets"… La religion dont les zélotes, aujourd’hui, se montrent les plus diligents semble bien être celle de la marchandise. Nos boîtes aux lettres débordent de prospectus et de brochures publicitaires, de catalogues de jouets, d’offres promotionnelles proposant "boustifaille de riches" — la formule est de Montherlant —, alcools fins et confiseries dignes de réceptions d’ambassade. Mammon mène la danse. L’avénement futur sera-t-il, à la fin des temps, la parousie du Christ-Juge ou l’apothéose du Père Noël, descendant du ciel sur une rengaine de Tino Rossi pour combler l’attente d’un "peuple heureux rotant dans sa mangeoire" ?
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