samedi, 12 novembre 2011
Gratte-culs
"Elle avait les cheveux attachés aujourd'hui. Elle portait un T-shirt blanc tout simple, un jean bleu délavé, des chaussures de sport. Il vit des gratte-cul [sic] coincés dans ses lacets [...] Elle tripota son lacet. Il la vit grimacer, coller son index dans sa bouche. Un gratte-cul." (Sean Doolittle, Rain dogs — trad. Sophie Aslanides, Rivages/Noir, 2011, p. 88 et 91)
Ces gratte-culs m'ont intrigué : à supposer même que la jeune femme dont il est question ici ait eu l'idée saugrenue de s'aventurer dans un buisson d'églantiers, on voit mal comment des cynorrhodons, à la peau parfaitement lisse, auraient pu se prendre aux lacets de ses pataugas ou la blesser au doigt. Le texte original nous éclaire : "He could see sand burrs caught in the laces of the hiking shoes." Il ne s'agit pas de gratte-culs, mais des graines hérissées de crochets ou de piquants d'une plante du type cenchrus echinatus, inconnue, semble-t-il, en Europe. Difficile, dès lors, de concilier l'exactitude botanique, la fidélité de la traduction et l'élégance du style !
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