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samedi, 20 février 2010

"Une Fraîcheur au-dessus de l'Histoire"

Après les sornettes dont il est question dans la note précédente, c'est un rare bonheur que de se replonger dans Larbaud. Je reçois — en même temps qu'un mince volume de Jean de Lingendes, poète oublié pour lequel il avait une tendresse particulière — un exemplaire de ce Domaine français qu'on n'a pas jugé bon de rééditer, alors qu'il est désormais à peu près introuvable — sauf au prix fort, chez des bouquinistes qu'il serait pléonastique de qualifier d'escrocs. Larbaud n'est pas seulement un dilettante, un amateur au sens le plus noble du terme : c'est aussi un exégète d'une grande élégance, un "suffisant lecteur", qui, bien avant et mieux que "les maistres du mestier", a su faire partager ses enthousiasmes à propos d'auteurs aussi rares que Maurice Scève ou Édouard Dujardin. Derrière chaque phrase de Larbaud, on entrevoit l'homme, aimable et sensible, qu'on aurait voulu connaître...