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lundi, 08 février 2010

"Les enfants qui s'endorment la main posée sur la poitrine"

Je referme Lauve le pur, l'un des rares textes de Richard Millet que je n'avais pas lu — et sans doute l'un des plus tragiquement sombres, à peine éclairé par une dernière page aux accents vialattiens : "L'Auvergne est le Tibet de l'Europe, dans la lumière des origines." Le style est, comme toujours, admirable : succession d'interminables hypoparataxes où les soliloques masochistes et désespérés de l'éponyme, alternant avec les voix du chœur féminin, tressent une amère confession où la tristesse de la chair s'étale jusqu'à la nausée.