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jeudi, 30 avril 2009

"La suffisance du lecteur..."

À parcourir les blogs à prétentions plus ou moins littéraires, on se rend compte qu'il y a aujourd'hui plus de lecteurs suffisants que de "suffisants lecteurs" ; benêts qui se piquent d'érudition ou de bon goût, savantasses qui césarisent et pontifient, dénigrent des auteurs qu'ils n'ont pas lus, en portent d'autres au pinacle, qu'ils n'ont visiblement guère fréquentés...
Écrivant cela, je n'ai garde d'oublier que, selon une formule d'Umberto Eco, "le critique de mœurs, souvent, dans le vice de l'autre fustige aussi le sien".

Commentaires

Vous m'inquiétez, Constantin. J'espère que ce n'est pas l'exposé de notrer désaccord sur Lorca qui vous met de cette humeur...

Écrit par : Ph | jeudi, 30 avril 2009

Vous aurez noté que ma dernière phrase constitue une humble et prudente antéoccupation !
Notre désaccord a certes été un point de départ, mais qui m'a amené à considérer mes propres jugements expéditifs sur tel ou tel auteur que je juge surfait (Ponge) ou sur d'insupportables têtes à gifles genre Nothomb ou Darrieussecq. Ayant moi-même des a priori pas toujours défendables, je ne saurais m'en prendre avec autant de virulence à quelqu'un dont je partage souvent les goûts — et surtout les dégoûts ! — et qu'on ne peut guère soupçonner de sottise ou de cuistrerie. Donc, soyez rassuré : j'ai détourné mon irritation d'un moment vers la tourbe des amateurs, des autodidactes dont les maisons de retraite sont pleines, des écrivains agricoles et — à l'autre bout de la gamme — des universitaires radoteurs et pompeux, des barbacoles de tout poil, des génies littéraires impubliés parce qu'impubliables qui ajoutent, comme disait l'un d'entre eux "du bruit au bruit".
Bien cordialement donc...

Écrit par : C.C. | jeudi, 30 avril 2009

Belle charge, foi de lecteur "autodidacte", plus belle encore en son commentaire !
J'ajouterais au "désaccord" à propos de Lorca, bien que n'y ayant point pris part, ces quatre lignes dudit :

"Te voir nue, c’est se rappeler la Terre
la Terre lisse et vierge de chevaux...

Sous les roses tièdes de ton lit
gémissent les morts, attendant leur tour."

Continuons donc de partager nos gouts.

Écrit par : grapheus tis | vendredi, 01 mai 2009

Oh vous savez moi je prends plus de plaisir à (vous) lire qu'à (vous) nuire ou qu'à (vous) maudire... question de priorité.
:)

Écrit par : Corynne | dimanche, 03 mai 2009

Moi on m'a déjà reproché de prendre certains auteurs morts pour des "punching ball". Mais si Sollers n'a pas vocation à servir de "punching ball", à quoi bon ?

C'est sans doute plus sensible en peinture aujourd'hui qu'en littérature, mais le débat pacifique sur l'art n'existe pas et n'a jamais existé. La réalité est celle d'un combat à mort, non simplement d'une controverse entre érudits.

- Voyez plutôt : BHL et Assouline plongent leurs couteaux dans le corps suicidé de Drieu La Rochelle en pleine connaissance de cause. Ils traînent derrière leurs chars la dépouille d'un ennemi qu'ils n'ont même pas vaincu eux-mêmes.
Sollers et BHL lynchent Edern-Hallier tandis qu'il n'est plus là pour se défendre ; Houellebecq dépose une petite crotte sur le tombeau de Céline ; c'est très malin de la part de Sartre de pisser sur Chateaubriand pour mieux cacher qu'il est lui-même une sorte de vicomte mondain des lettres, etc.

Et l'assassinat ou le meurtre le plus pervers, c'est celui du collectionneur Proust qui injecte son formol dans Sainte-Beuve, Balzac et Baudelaire. Sainte-Beuve n'est pas assez fétichiste au goût de Proust !
C'est la méthode retenue plus ou moins par l'Université actuellement, mais elle est hypocrite. Certains préfèrent aller à la bataille masqués, ou s'y dérober, mais la bataille est bien là. La guerre de Troie, contrairement à ce que chantent les poètes, a bien lieu.

Écrit par : Lapinos | jeudi, 07 mai 2009

"vous notterez que par le monde y a beaucoup plus de couillons que d'hommes.. "
... que de Lapinos et de CC, de Grapheus et de Corynne... et tout les tralalas du réseau.

Gloire aux lecteurs décomplexés !

Même le monde littéraire a ses langues de p. Pourquoi pas les blogs ?

So what ? Les honnêtes hommes (expression féminisée valable) savent être aimables avec tous.
Et quand on n'aime point, on "omet" de fréquenter. Car nous sommes polis.

Et à ce propos, bien merci pour le compliment. A tantôt. Disent les Belges.

Écrit par : emili | jeudi, 07 mai 2009

"Ha ! ha ! dit-elle, il n’est que d’être parmi le monde qu’on connaît !" ("Le Moyen de parvenir", chap. 82)

Écrit par : C.C. | jeudi, 07 mai 2009

A verser au dossier "Honnêteté des écrivains et des éditeurs": "La Stratégie littéraire" de Fernand Divoire, commencée par un hommage à B. de Verville.
Encore faut-il préciser que l'ouvrage instructif de Divoire date d'un temps où la putasserie n'est pas à l'échelle industrielle.

(Qui ne comprend pas pourquoi Jésus préfère la fréquentation des putes à celle des scribes vit déjà en Enfer tant notre époque est démonstrative.)

Écrit par : Lapinos | vendredi, 08 mai 2009

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