jeudi, 24 janvier 2008
Presque sur le même sujet
Lille — Au "Bateau-Livres", rue Gambetta, achat de prose et de vers pour la semaine : William T. Vollmann, Les Fusils - Alberto Manguel, Chez Borges - Åke Edwardson, Danse avec l’ange - Ludovic Janvier, La Mer à boire. Pendant que je feuillette quelques volumes pris au hasard et que j’hésite devant les rayons, entre un client pittoresque, genre autodidacte dérangé, qui s’étonne que la disposition du magasin ait changé depuis sa dernière visite. C’est un habitué : il vient, dit-il, "une fois par an". Il furète et soliloque, demande La Tour d’Ezra. La libraire fait épeler, consulte sa base de données : "C’est épuisé, monsieur." Sans doute ne lit-on plus guère Koestler. Pas plus que Knittel ou Kazantzaki… Il est probable que la plupart des auteurs figurant aujourd’hui dans les listes de "meilleures ventes" connaîtront, à plus ou moins brève échéance, un sort comparable. Leurs noms, comme les titres de leurs livres oubliés, ne survivront plus que dans la mémoire vacillante d’une poignée de lecteurs nostalgiques et sénescents.
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mercredi, 23 janvier 2008
Littérature underground
Dans le métro — Mon voisin — gros velours et remugle de gauloise — se plonge dans la lecture d’un livre de poche dépenaillé dont je n’ai pu voir la couverture. La tranche, d’un rouge de sang frais, contraste étrangement avec le jaune sale des pages à demi détachées. Typographie un peu grasse et serrée, caractères minuscules. Je n’ose pas me lunetter pour tenter de déchiffrer le titre courant et satisfaire ma curiosité. Un livre de poche à tranche rouge : je pense à ces auteurs à peu près oubliés qu’on lisait dans les années soixante, aux romans interdits qui occupaient les mornes études du dimanche, à l’Aphrodite de Pierre Louÿs qui m’avait été confisquée en cours de musique… Même les livres dont on ne sait rien peuvent nous faire rêver.
15:00 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (5)
mardi, 22 janvier 2008
Humeur de chat
Retour à Lille sous la pluie. Circulation tranquillement démente de fin d'après-midi. Rue de Bapaume, je crois reconnaître Filou, qui trottine en toute hâte sur le trottoir mouillé. Oreille basse, tête butée, l'air d'un gros minet échappé de quelque dessin animé où il aurait subi tous les sévices et les avanies qu'on y réserve habituellement aux chats.
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