mercredi, 23 janvier 2008
Littérature underground
Dans le métro — Mon voisin — gros velours et remugle de gauloise — se plonge dans la lecture d’un livre de poche dépenaillé dont je n’ai pu voir la couverture. La tranche, d’un rouge de sang frais, contraste étrangement avec le jaune sale des pages à demi détachées. Typographie un peu grasse et serrée, caractères minuscules. Je n’ose pas me lunetter pour tenter de déchiffrer le titre courant et satisfaire ma curiosité. Un livre de poche à tranche rouge : je pense à ces auteurs à peu près oubliés qu’on lisait dans les années soixante, aux romans interdits qui occupaient les mornes études du dimanche, à l’Aphrodite de Pierre Louÿs qui m’avait été confisquée en cours de musique… Même les livres dont on ne sait rien peuvent nous faire rêver.
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