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jeudi, 01 novembre 2012

"L'automne nébuleux, tous les ans, pour gémir..."

Triste journée d'automne, façon "tisane froide" à la Ponge.
Ce matin, visite rituelle au petit cimetière de Sologne bourbonnaise. Retour par les campagnes mélancoliques, "paix des pâtis" sous le ciel gris. Déjeuner frugal, sieste et lecture. Au-dehors, pluie et brouillard.
La nuit tombe vite. On se pelotonne dans le vieux fauteuil au cuir lacéré, naguère, par les chats ; on se caparaçonne de lainages et de tricots, de plaids, de châles, de couvertures, douillette clochardisation domestique.
On feuillette un mince recueil de Sinisgalli, s'agaçant d'y trouver une coquille — "crapaud" dans la limpide perfection d'un quatrain laconique :

Chaque année la distance change
entre les choses qui m'entoureny
même si je reste perclus
même si les choses sont inanimées.

mardi, 30 octobre 2012

Le grand style 22

"J'ai ressenti une violente envie de chier."

(Annie Ernaux, L'Événement — in Écrire la vie, Gallimard/Quarto, p. 308)

C'est un peu court, Madame, comparé aux quelque soixante-dix pages du premier chapitre de Lauve le pur. Chez Millet, la débâcle intestinale prend des dimensions picaresques et métaphysiques. Le souffle et le style peuvent susciter, on le comprend, une certaine jalousie de la part des écrivaillons constituant le gros du houraillis qui clabaude à vos côtés et réclame sa curée.