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samedi, 28 juillet 2012

Hasard objectif ? 2

Feuilletant ce matin Bouquiner, l'autobibliographie d'Annie François (Seuil, Points, 2012), je relève au passage — car il n'est pas si fréquent de le voir cité — cette allusion à un écrivain "notoirement méconnu" : "On avait oublié que Maurice Pons avait reçu le Grand Prix de l'Académie française".
Une heure ou deux plus tard, fouinant chez le brocanteur parmi des brouettées de livres entassés au hasard sur des rayonnages précaires, je déniche un bel exemplaire d'un recueil de nouvelles dudit Pons, dont je ne connaissais guère que les Virginales.
Faute d'avoir gagné la gloire littéraire, les écrivains mineurs, les auteurs pour happy few, bénéficient ainsi d'éphémères résurrections, avant de retourner à l'oubli, où les rejoignent bientôt leurs lecteurs anonymes...

Carte postale

... de Lorraine, où il faisait, ces jours derniers, très chaud.
Mainvillers — Maiwilla — se proclame fièrement "premier village de langue francique". Plus à l'est, petits bourgs frontaliers, lourdes villas déclinant toute une gamme de couleurs pâtissières : vanille, pistache, caramel. On pense à de vieilles dames obèses, habillées en poupées pour jouer à la dînette.
Plus au sud, on peut voir, dans les prés fraîchement fauchés, des cigognes déambuler dans les andains. Au sommet du rocher de Dabo, dans la chapelle dédiée à Léon IX, une vierge exophtalmique vous glace de son œil turquoise.