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jeudi, 16 décembre 2010

Petite anthologie portative 62

Hear
where her snow-grave is
the You
           ah you
of mourning doves

(Lorine Niedecker, Collected Works,
Berkeley, University of California Press, 2002)

mercredi, 15 décembre 2010

Madame la Misère 2

Comme chaque année à pareille époque, la charité fait rage. Relisons Darien :
"Le crime le plus horrible des riches envers les pauvres est de s'être arrogé le droit de leur distribuer la justice et l'assistance, de leur faire la charité. Ce sont les misérables qui paient eux-mêmes, avec des intérêts usuraires, les frais de la justice dérisoire, de l'assistance immonde et de la charité dégradante qu'ils sont assez vils pour quémander et recevoir. Voilà le comble de la lâcheté, de la dérision et de l'hypocrisie.
Il y a longtemps que Lazare n'est plus à la porte du Riche ; il est à la porte du Pauvre. Quant aux chiens qui lèchent les ulcères de Lazare, ce n'est pas parce qu'ils aiment Lazare. C'est parce qu'ils aiment les ulcères." (Georges Darien, La Belle France, Paris, P.-V. Stock, 1901, p. 88-89)

lundi, 13 décembre 2010

Fanfreluches et brodure de merde

"La femme — ironisait Vialatte dans une chronique vieille d'un demi-siècle — emploie sa liberté à choisir de dormir avec un baby-doll, c'est-à-dire une nuisette complétée d'un bloomer. Ils se font de nuance parme, eau-vive ou matin blond." Nihil sub sole... Ainsi peut-on lire sur le site du Figaro Madame : "Après deux saisons aux notes assez girly, la lingerie met le cap sur les dessous d'esprit new burlesque." Sans italiques, bien sûr. Mais, après tout,  on peut préférer ces niaiseries à la vertigineuse imbécillité des commentaires que d'anonymes aliborons se croient tenus d'ajouter aux faits-divers sordides dont ils font leur lecture ordinaire.