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jeudi, 21 décembre 2006

Gâteux et morveux

Ma boîte aux lettres déborde quotidiennement de publicités pour foie gras, saumon fumé, vins fins, canapés, téléviseurs à écran plasma, perceuses... que sais-je ? J'y ai trouvé aussi, hier, le bulletin municipal en quadrichromie, qui informe, deux ou trois fois par an, les citoyens de la commune de toutes les belles choses qu'on a faites pour eux. La couverture exhibe une photographie sur laquelle quelques vieillards du foyer-logement sont entourés de bambins de la petite section de maternelle. Très touchant. Et révélateur de la faux-culerie d'une société qui fourre ses moutards à la crèche et ses vieux en maison de retraite.

Tant crie l'on Noel... 4

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Dès que la nuit tombe, la maison d’à côté s’illumine. Ce ne sont que guirlandes et brimborions qui clignotent à tout-va, la cour et le jardin sont envahis de pères Noël, de rennes limonniers et autres sujets du meilleur goût. L’été, ces crétins construisent des volières, des cabanes, des appentis, creusent des bassins où nagent des cygnes en plastique… l’hiver, c’est une débauche de gadgets électriques.
Ces décorations ne sont que la transposition, au niveau domestique, du processus général d’enlaidissement du paysage et du cadre de vie qu’on observe un peu partout. On pourra lire, à ce propos, Le Paysage, les ploucs et moi, de Nicolas Chaudun (Éditions du Rocher, 2002), qui se termine sur ces mots : "Je ne me risquerai [...] pas à rappeler que la France fut jadis la terre des hautes futaies et des grands seigneurs. Cependant, je ne puis me résoudre à ce que des ploucs l’érigent en patrie du bonzaï et des nains de jardin."